Jonila

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17 juin 2013

Historie de la France

Classé dans : L`HISTORIE DE FRANCE — jonila @ 22 h 47 min

 

La Préhistoire
L’Antiquité
Le Moyen Age
La Renaissance
Le Grand Siècle
Le siècle des Lumières
Le XIXème siècle
Le XXème siècle

1.La Préhistoire

Classé dans : La Préhistoire — jonila @ 22 h 45 min

Préhistoire de la France

La Préhistoire de la France est la période comprise entre les premières occupations des hominines du territoire actuel de la Francejusqu’à la conquête romaine lorsque le territoire entre dans le domaine de l’histoire écrite.

Situé à l’extrémité nord-ouest du continent eurasien, ce territoire a abrité divers peuples et cultures.

Plusieurs points de vue coexistent au sein de la communauté scientifique concernant la date du début du peuplement du territoire français. Pour certains auteurs, minoritaires, il est antérieur à 1 million d’années BP1. Pour d’autres, il n’est avéré qu’à partir de 600 000 ans BP. L’homme de Néandertal est présent à partir d’environ 200 000 ans BP. Il est l’auteur des premières sépultures humaines.Homo sapiens succède à ce dernier à partir de 35 000 ans BP. Il est l’auteur d’un art pariétal et mobilier des plus riches en Europe avec le nord de la Péninsule Ibérique. Durant toute cette période, les hommes connaissent plusieurs phases de glaciation et d’interglaciaires.

L’agriculture et l’élevage, impliquant la sédentarisation, sont apportés par deux courants migratoires venus de l’est ; le Cardial et leRubané vers le VIe millénaire av. J.-C.. Les premiers mégalithes s’érigent dans le courant du IVe millénaire av. J.-C.. Se succèdent ensuite, entre autres, les cultures proto-celtiques de l’Âge du fer du Hallstatt puis de La Tène. Au IIe siècle av. J.-C., les romains désignent ce territoire comme la Gaule et le conquièrent vers -50.

La recherche en préhistoire dans le territoire français est très ancienne et a bénéficié des travaux novateurs de grands chercheurs comme Jacques Boucher de Perthes, Jean-Baptiste Noulet, Henri Breuil, François Bordes et André Leroi-Gourhan.

Sommaire

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  • 1 Paléolithique
    • 1.1 Paléolithique inférieur
    • 1.2 Paléolithique moyen
    • 1.3 Paléolithique supérieur
  • 2 Mésolithique
  • 3 Néolithique
  • 4 Chalcolithique
  • 5 Âge du bronze
  • 6 Âge du fer
  • 7 Voir aussi
    • 7.1 Articles connexes
    • 7.2 Bibliographie
  • 8 Notes et références

Paléolithique[modifier]

1.La Préhistoire dans La Préhistoire 220px-Biface

magnify-clip dans La Préhistoire

Biface Acheuléen du site éponyme deSaint-Acheul.

Tout le Paléolithique est compris dans l’époque géologique du Pléistocène, caractérisé par de longs stades glaciaires avec régression marine coupés par des stades interglaciaires, plus cléments. Les populations humaines sont constituées de groupes de chasseurs-cueilleurs nomades. Plusieurs espèces d’hommes se succèdent sur le territoire actuel de la France jusqu’à l’arrivée de l’homme moderne au Paléolithique supérieur.

Paléolithique inférieur[modifier]

Le Paléolithique inférieur débute en France avec les premières incursions d’Homo erectus/Homo antecessor (Lézignan-La-Cèbe). Des ossements d’Homo heidelbergensis ont également été mis au jour à la Caune de l’Arago (Homme de Tautavel).

Aux premières industries lithiques à galets aménagés succède l’Acheuléen. Cette industrie doit son nom au site français de Saint-Acheul et comprend des bifaces et des hachereaux. Les principaux sites archéologiques français de cette période sont la Caune de l’Arago,Terra Amata et Menez Dregan. Ce dernier abrite l’une des plus anciennes évidences defoyers aménagés connues au monde, datant d’environ 500 000 ans. Il a livré une industrie nommée Colombanien, qui s’étendrait autour de la Péninsule armoricaine2. Le Clactonienest une industrie définie par Henri Breuil. Il la considérait comme contemporaine de l’Acheuléen en Europe du nord-ouest. Ne présentant pas de bifaces, elle est désormais plutôt considérée comme un faciès particulier de l’Acheuléen et a perdu toute signification culturelle en France.

Paléolithique moyen[modifier]

La principale culture du Paléolithique moyen en Europe et au Moyen-Orient est le Moustérien, dont le site éponyme est Le Moustier(Dordogne). En France, elle est l’œuvre des Néandertaliens. Ces derniers ont évolués à partir d’une forme primitive dont on retrouve quelques traces, les pré ou proto-Néandertaliens, qui auraient eux-mêmes évolué en Europe à partir d’Homo heidelbergensis et d’autres hominines du Paléolithique inférieur européen.

Le Moustérien a été divisé en plusieurs faciès technologiques (Moustérien de type Quina, Moustérien de Tradition Acheuléenne, etc.) dont les interprétations sont nombreuses et controversées. Le Moustérien est marqué par la généralisation d’une innovation technique dans les méthodes de débitages de la pierre avec la méthode Levallois, nommée d’après les industries lithiques de Levallois-Perret.François Bordes et d’autres auteurs l’ont définie comme une méthode de débitage caractérisée par une préparation préalable dunucléus impliquant une prédétermination de l’éclat recherché. Ces définitions ont été développées par Éric Boëda pour inclure les modalités récurrentes permettant le débitage de plusieurs éclats Levallois prédéterminés successifs aux dépens d’un même nucléus préparé.

Les premières sépultures néandertaliennes identifiées ont été découvertes à La Chapelle-aux-Saints en 1908 puis à La Ferrassie en 19093. Elles ont apporté des arguments majeurs concernant la capacité des Néandertaliens a développer des croyances métaphysiques4,5, conférant à cette espèce une forme d’humanité alors qu’on lui prêtait jusqu’alors volontiers des caractères plutôt simiesques6.

Paléolithique supérieur[modifier]

Le Paléolithique supérieur en France débute avec le Châtelperronien, du nom du site français de Châtelperron. Présente surtout dans le sud-ouest de la France, cette industrie est généralement attribuée aux derniers Néandertaliens même si l’association Châtelperronien / homme de Néandertal est contestée par certains auteurs. Le Châtelperronien est caractérisé par les premiers éléments de parure européens ainsi que par le développement de l’industrie sur matière dure animale (os, bois), selon certains sous l’influence des Homo sapiens venus du Proche-Orient et porteurs de l’Aurignacien. Celui-ci s’étend sur le territoire à partir de l’Europe centrale. Son site éponyme est la grotte d’Aurignac. Les Néandertaliens disparaissent du territoire actuel de la France aux alentours de 35 000 ans BP. En France, l’Aurignacien est caractérisé par l’une des plus anciennes grottes ornées au monde, la grotte Chauvet. Datée d’environ 31 000 ans BP, son dispositif pariétal témoigne d’une importante maîtrise technique et artistique, brisant les idées jusqu’alors établies d’une évolution linéaire de l’art paléolithique depuis des expressions abstraites jusqu’au réalisme.

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La Dame de Brassempouy.

À l’Aurignacien succède le Gravettien à partir de 29 000 ans BP. Alors qu’il s’étend sur toute l’Europe, il doit aussi son nom à un site français, La Gravette (Bayac, Dordogne). Le Gravettien est surtout connu pour la généralisation des statuette anthropomorphes dites « Vénus paléolithiques », bien que quelques exemples de ce type de représentation féminine apparaissent dès l’Aurignacien. En France, la fameuse Dame de Brassempouyest attribuée au Gravettien.

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Feuille de lauriersolutréenne

Le Solutréen, dont le site éponyme est la Roche de Solutré(Bourgogne), apparaît aux alentours de 22 000 ans BP et est présent dans la zone franco-cantabrique. Toutefois, le nord de la France est inhabité puisqu’on se retrouve là en plein maximum glaciaire. Les sites solutréens les plus septentrionaux se trouvent dans le sud du bassin parisien et en Mayenne. Cette culture est caractérisée par des éléments lithiques d’une étonnante finesse comme les feuilles de laurier. L’aiguille à chas et le propulseur sont deux innovations majeures de cette période.

Le Badegoulien apparaît vers 18 000 ans BP et sa zone de répartition est à peine plus étendue que celle du Solutréen7.

Le Magdalénien apparaît vers 17 000 ans BP. Il est marqué par l’utilisation du harpon, la généralisation du propulseur ainsi que de l’art figuratif sur les outils en matières dures animales. L’art magdalénien est en général caractérisé par son grand réalisme avec une attention portée sur le rendu du mouvement. La Grotte de Font-de-Gaume est un exemple de site magdalénien célèbre pour son art pariétal.

2.L’Antiquité

Classé dans : L'Antiquité (3000 av. J.-C. - 476) — jonila @ 22 h 42 min
Créée au VIIIème siècle avant Jésus-Christ par Romulus, la dynastie romaine (voir une brève chronologie), qui se muera en République puis en Empire, ne cesse d’évoluer et de s’accroître au cours des siècles : après avoir pris le pas sur la civilisation grecque, les 3 guerres puniques lui permettent d’écraser l’empire de Carthage.
Dans ce contexte d’expansion et suite à la défaite d’Alésia en 52 avant J.C.(voir un tableau représentant Vercingétorix déposant ses armes aux pieds du Jules César), la Gaule tombe sous la domination romaine : une des raisons de cette défaite réside dans l’incapacité des Gaulois à fédérer leurs 60 tribus indépendantes (Arvernes, Carnutes, Séquanes, Eduens, Bituriges, Parisii, …).

2.L'Antiquité dans L'Antiquité (3000 av. J.-C. - 476) gaulois_rom_pt

En savoir plus sur la
bataille d’Alésia

Organisation des
Légions Romaines

L’organisation romaine en Gaule

Les Romains ne sont toutefois pas des conquérants destructeurs : quelques centaines de fonctionnaires civils parviennent à provoquer l’évolution d’une population gauloise estimée à 7 millions de personnes (les traces des recensements effectués pour raisons fiscales n’ont hélas jamais été retrouvées).

Gaule Romaine
Zoom Gaule Romaine

La Gaule est unifiée et organisée en 4 provinces administrées par Rome :

  • la Lyonnaise, qui va jusqu’à Brest !
  • l’Aquitaine
  • la Belgique
  • la Narbonnaise (provincia), qui était déjà romaine depuis 125 av JC (elle se nommait « Gaule Transalpine » avant d’être réorganisée par Auguste en 27 av JC).

  • L’aristocratie gauloise est enrôlée dans l’armée romaine ou intégrée progressivement dans l’élite municipale voire même sénatoriale. L’habileté des romains réside dans le fait de ne pas avoir détruit l’aristocratie gauloise, mais plutôt de l’avoir incitée à adhérer au système romain par intérêt et par fascination via à vis de la grandeur de Rome : l’organisation et le mode de vie romain s’imposeront donc naturellement aux notables, puis au peuple. En 212, la citoyenneté romaine est d’ailleurs accordée à tous les hommes libres de l’Empire, à l’exclusion donc des esclaves.

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  • Le peuple gaulois (à l’exclusion des barbares et des esclaves) peut bénéficier pleinement des apports de la civilisation romaine et profite ainsi d’un mode de vie urbain agréable : thermes, voies romaines équipées de bornes, théâtres, arènes (dont celles de Nîmes accueillaient jusqu’à 20 000 visiteurs), aqueducs, …

jeux_romains2_petit dans L'Antiquité (3000 av. J.-C. - 476)
Relief représentant une course de chars au Circus Maximus (détail d’un sarcophage du IIIe s)

 

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Pour en savoir plus
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Pont du Gard
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Vaison la Romaine
Pont du Gard
(Le Pont et le billet de 5 €)
Jeux en Arène
Théâtre antique d’Orange
  • De nombreuses cités se développent sur le modèle « romain »:
    Un quadrillage régulier sert de gabarit pour l’urbanisation : constitué de carrés d’une centaine de mètres de côté, il est structuré par un axe nord-sud (Cardo Maximus) et un axe est-ouest (Decumanus Maximus.).
    Les cités comportent un forum, des bâtiments administratifs, des monuments dédiés aux spectacles, des rues qui se croisent à angle droit et parfois équipées d’égouts. Ces cités, on en dénombre une centaine, accueillent environ 10% de la population et la plus grande, Lugdunum (Lyon), rassemble 50 000 habitants, à comparer au million d’habitants de Rome !). La population de Rome ne sera égalée qu’un millénaire plus tard par Londres vers le XVIIIe puis par Paris au XIXe.

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La maison carrée à Nîmes

Lutèce au IIe s
Agrandissement de
Lutèce au IIe s

 

  • Le pays est équipé de voies romaines : elles constituent un réseau routier inégalé jusqu’aux temps modernes, qui couvrait l’ensemble de l’Empire. Conçues au départ à des fins militaires et politiques, elles ont acquis une valeur économique en favorisant le commerce et la communication entre les régions. Elles sont déjà équipées de bornes milliaires, situées tous les 1480m.
    Avec ses relais d’étapes, ces routes améliorent sensiblement les conditions de voyage.
agrippa_domitia_aurelia Quelques voies célèbres dans le sud de la Gaule :

  • la  »Via Aurelia » (voie aurélienne) : elle reliait Rome au Rhône en passant par Antibes, Fréjus, Aix-en-Provence et Salon-de-Provence, avant de rejoindre la « Via Agrippa »
  • la  »Via Domitia » (voie domitienne) : elle faisait la liaison entre l’Italie du nord et l’Espagne en traversant Briançon, Gap, Cavaillon, Nîmes, Montpellier, Narbonne et Perpignan,
  • la  »Via Agrippa«  qui reliait Lyon à Arles en suivant la rive gauche du Rhône par Avignon et Orange.

3.Moyen Âge

Classé dans : Le Moyen Âge (476 - 1498) — jonila @ 22 h 38 min

Le Moyen Âge est une époque de l’Histoire européenne située entre l’Antiquité et l’époque moderne. Elle s’étend donc sur une durée de près de mille ans, des ve-vie siècles auxve siècleN 1. Le terme de Moyen Âge n’a été utilisé qu’a posteriori pour désigner cette période de façon parfois péjorativeN 2. L’adjectif « médiéval », utilisé pour qualifier ce qui concerne le Moyen Âge, est plus neutre.

Le Moyen Âge fait l’objet de nombreuses études par des historiens spécialistes de cette époque, appelés « médiévistes ». Ceux-ci sont progressivement parvenus, depuis l’après-Seconde-Guerre-mondiale, à une compréhension plus approfondie des structures mentales, politiques, sociales et économiques de cette époque.

Le trait caractéristique du Moyen Âge, qui lui confère une unité relative, est l’importance de la religion, avant que ne s’amorce le processus de sécularisation au début de l’époque moderne. Les arts tenaient également une place tout à fait significative. Les relations entre les différentes religions ont souvent été source de tensions et de conflitsN 3, encore qu’il y eût des périodes de tolérance qui furent très fécondes pour la structuration du savoir, avec l’élaboration de la scolastique à partir de la philosophie d’Aristote.

Il ne s’agit pas d’une époque homogène, ni dans le temps, ni dans l’espace. Elle alterne des périodes de difficultés (guerres, épidémies) et des périodes de renouveau (renovatio) consécutives souvent à des réformes religieuses1, parfois appelées renaissances médiévalesN 4 mises en évidence par les évolutions contemporaines de l’historiographie médiévale :renaissance carolingienne (viiie siècle et ixe siècle), renaissance ottonienne (xe siècle), renaissance du xiie siècle, pour ne citer que celles-làN 5, auxquelles on peut ajouter, pour l’Italie essentiellement, le Trecento et le Quattrocento, qui préparent la Renaissance qui s’épanouit au xvie siècle dans toute l’Europe.

Les historiens ont divisé le Moyen Âge en plusieurs parties ; le découpage est variable selon que l’on suit les historiens d’Europe continentale ou d’Angleterre. On retient ici un découpage en trois parties : haut Moyen Âge (vie ‑ xe siècles), Moyen Âge central (xie ‑ xiiie siècles) et Moyen Âge tardif (xive ‑ xve siècles).

En français, l’adjectif correspondant à « Moyen Âge » est « médiéval ». « Moyenâgeux », vieilli, est quant à lui généralement la marque d’une connotation péjorative (« une ambiance médiévale », « une ambiance moyenâgeuse »). L’histoire du Moyen Âge, en tant que discipline, se nomme aussi « histoire médiévale ». Un historien qui étudie le Moyen Âge est appelé « médiéviste ». Cependant, l’expression « Moyen Âge », qui vient de l’expression latine medium ævum signifiant « âge intermédiaire » ou « âge moyen » d’un homme, ne veut chronologiquement rien dire par elle-même, mais représente un âge intermédiaire entre différentes époques, différents courants artistiques.

L’historiographie contemporaine a plutôt tendance à considérer la Renaissance comme une période de transition entre époque médiévale et époque moderne, aux limites chronologiques assez floues (plus ou moins entre 1420 et 1630). On peut donc parler d’une période médiévale de la Renaissance.

Définition de l’Occident médiéval

3.Moyen Âge dans Le Moyen Âge (476 - 1498) 220px-St_michaelis

magnify-clip dans Le Moyen Âge (476 - 1498)

Église Saint-Michel à Hildesheim, en Allemagne

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Vitrail du xiiie siècle.

Article détaillé : Occident chrétien.

Le mot Occident désigne à la fois un territoire et une civilisation au Moyen Âge. L’Occident est l’endroit où le soleil se couche (le Couchant, ou le Ponant) à l’opposé de l’Orient (le Levant). Le territoire de l’Occident couvre l’ouest de l’Europe (le terme Europe est très peu employé avant la Renaissance), sans recouper exactement les limites de l’Empire romain d’Occident. Dans l’acception de la plupart des auteurs et des contributeurs qui emploient ce terme, l’Occident est le domaine du christianisme romain dont la langue est le latin, fidèle aupape de Rome : il s’oppose aux territoires des païens, des schismatiques et desmusulmans et il correspond à l’aire de diffusion du christianisme catholique (et ultérieurement protestant) en pays latin, celte ou germanique. Cela n’est pas toujours explicitement défini et les limites orientales de cet ensemble sont floues et mouvantes au cours de la période : tantôt elles incluent, tantôt elles excluent l’Europe centrale19. Après leschisme de 1054 en effet, l’Occident exclut l’Empire byzantin, resté orthodoxe, fidèle aux quatre autres patriarches (Constantinople, Antioche, Jérusalem et Alexandrie).

Cette dichotomie religieuse et culturelle correspond aux deux anciennes moitiés de l’Empire romain issues du partage de 395 : l’Occident (de culture surtout latine, mais aussi celtique et germanique) et l’Orient (de culture surtout grecque, mais aussi slave, arménienne ou araméenne). La rupture avec Byzance est consommée en 1204, lorsque Constantinople est prise par les croisés de la quatrième croisade. Cet épisode laissera des blessures profondes.

Le primat unificateur de la culture ne doit pas faire oublier les divisions politiques et linguistiques qui émergent dès l’époque carolingienne. L’apparition des langues vulgaires et plus tard du protestantisme remet en question la prétendue unité occidentale. L’Occident chrétien est donc au Moyen Âge synonyme de chrétienté latine et s’étend de façon remarquable grâce à l’action des missionnaires et des croisés, avant de conquérir des mondes nouveaux, avec les grandes découvertes du xvie siècle.

Le système social constitue une pyramide, au pied de laquelle se trouvent les paysans qui représentent 90 % de la population et au sommet le roi. On distingue deux branches : la féodalité et le clergé. Sur ces branches, le prince et l’évêque sont au même rang. Dessous se trouvent les nobles, la petite noblesse et les propriétaires terriens.

Définition de l’Orient médiéval

Articles connexes : Empire byzantin, Rus’ de Kiev, Balkans et Empire ottoman.

Le mot Orient désigne l’ensemble des pays situés à l’est de l’Europe. Dans l’acception de la plupart des auteurs et des contributeurs qui emploient ce terme, il correspond à l’aire de diffusion du christianisme orthodoxe en pays grec, dans les Balkans ou en pays slave. Mais là encore les limites occidentales de cet ensemble sont floues et les pays baltes, la Hongrie, les pays slaves de tradition catholique (Pologne, Bohême, Slovaquie, Slovénie, Croatie) sont tantôt inclus, tantôt exclus de l’Orient.

L’Orient de l’Europe médiévale ne se définit pas principalement par la religion, mais plutôt par l’exclusion de la notion d’Occident chrétien. Après Cyrille et Méthode et une fois la christianisation des peuples slaves achevée au ixe siècle, il n’y aura dans l’Europe orientale médiévale ni missionnaires, ni croisades, ni inquisition, et les églises orthodoxes, multiples, vont se trouver en position de subordination face aux pouvoirs politiques des tzars, des voïvodes, des hospodars chrétiens, voire des sultans musulmans de l’Empire ottoman. Toutefois, en pratique, l’Europe orientale médiévale correspond en gros aux peuples dont la référence spirituelle est lePatriarcat de Constantinople, de tradition orthodoxe.

Dans le système social de l’Orient médiéval, la féodalité et le clergé ne sont pas à égalité : ce dernier est en position subordonnée. C’est le « césaropapisme20,21,22 ». L’église orthodoxe ne perçoit pas d’impôts : de nombreux popes sont pauvres et travaillent. Mais les aristocrates peuvent lui faire des dons, et les princes lui offrir des domaines : certains monastères s’enrichissent et deviennent des centres culturels et artistiques importants. Par ailleurs l’aristocratie n’est ni étanche ni endogame : les voïvodes et grands boyards ont le pouvoir d’anoblir des roturiers et de les élever socialement, de sorte que l’Église n’est pas le seul ascenseur social ouvert aux roturiers, et si elle l’est, c’est aussi par décision des pouvoirs séculiers.

Société

Organisation sociale en trois ordres

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L’organisation sociale du Moyen Âge mise en place à l’époque de Charlemagne

Article détaillé : Société médiévale.
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L’organisation sociale du Moyen Âge est structurée en trois ordres23 :

  • ceux qui prient : oratores ;
  • ceux qui font la guerre : bellatores ;
  • ceux qui travaillent : laboratores.

Cette organisation est mise en place dès l’époque de Charlemagne12.

Elle s’est perpétuée dans la société d’Ancien Régime, à l’époque moderne, où l’on retrouve les trois ordres  : clergé, noblesse, et Tiers état.

Vassalité et féodalité

Articles détaillés : Vassalité et Féodalité.

La vassalité existait déjà pendant le haut Moyen Âge.

La cérémonie suit des règles très précises. Le vassal avance devant son futur seigneur la tête nue en signe de respect. Il s’agenouille, devant lui, pour lui exprimer son humilité, les mains jointes. Le seigneur les prend entre les siennes et le relève. C’est ce que l’on appelle la dation.

Le jeune vassal reçoit un fief (le plus souvent une terre qui appartient au seigneur ou un droit de prélever des taxes sur un pont par exemple) et, en échange, il jure sur les saintes Écritures, ou sur une relique, sa fidélité au seigneur.

Le système évolue en relations féodo-vassaliques au cours du xie siècle. On appelle féodalité l’organisation hiérarchique de la noblessequi lie les membres entre eux. La période de la féodalité s’étend du ixe au xiiie siècle. Le régime féodal est fait pour se protéger des envahisseurs, des guerres. Chaque seigneur (vassal) s’engage envers un seigneur plus puissant (suzerain). Le pouvoir d’un seigneur se mesure au nombre de ses vassaux.

Chaque vassal, en échange de sa loyauté, reçoit un fief, un territoire. Tous les suzerains ont des vassaux mais tous les vassaux ne sont pas des suzerains.

Place des femmes

Article détaillé : Statut des femmes à l’époque mérovingienne.

Peu d’études ont été faites sur le statut de la femme au Moyen Âge en France. L’image de la femme confinée à la sphère domestique et à l’éducation des enfants relève plus d’une idée préconçue que d’une réalité vraiment connue ou étudiée sérieusement. Ce que nous savons des femmes vient de celles qui ont exercé un artisanat ou travaillé en collaboration avec leur homme. Des lettres de famille font un rapport des mariages qui étaient des partenariats affectueux. Selon l’historienne Régine Pernoud, il semble important de sortir des caricatures qui caractériseraient la condition des femmes au Moyen Âge comme la pire. En effet, il s’avère, par exemple, qu’elles possédaient le droit de vote dans les assemblées. Leur domaine s’est peu à peu confiné et réduit à la sphère domestique avec l’avènement de la culture classique antique. Auparavant, elles avaient un rôle social réel et une vie professionnelle. N’oublions pas que les reines aussi étaient couronnées par l’archevêque de Reims et qu’elles avaient leur autorité reconnue dans la sphère politique. Marie de Médicis fut la dernière reine couronnée. C’est plus tard que les reines seront complètement exclues de la sphère politique, à l’époque classique. Rappelons-nous que les femmes n’ont pas toujours été écartées du trône au Moyen Âge. La première disposition en ce sens est prise par Philippe le Bel. Progressivement, les religieuses aussi se sont vues cloîtrées, mais cela n’a pas toujours été le cas au Moyen Âge. Certaines abbesses avaient au Moyen Âge autant de pouvoir que certains seigneurs. Le rôle des femmes semble diminuer avec la montée de l’influence du droit romain qui ne leur est pas favorable et cette tendance se poursuivra avec laRenaissance. L’étude des actes notariés est une grande source pour comprendre et décrypter le statut des femmes ; ceux-ci montrent qu’elles ont possédé une plus grande autonomie qu’on ne l’imagine. Ainsi le statut de la femme autant dans la société civile qu’ecclésiastique semble se modifier au xiiie siècle. C’est seulement au xvie siècle qu’un arrêt du Parlement de 1593 écarte explicitement les femmes de toute fonction de l’ÉtatN 9.

Économie

Disparition des villes dans le haut Moyen Âge en Occident

Le fait le plus important au point de vue social, de la période qui s’écoule des invasions musulmanes à l’époque carolingienne, c’est l’extinction rapide puis la disparition à peu près complète de la population urbaine. Dans l’Empire romain les villes constituaient, dès l’origine, la base même de l’État. L’organisation politique est essentiellement municipale. La campagne n’est que le territoire de la cité, n’existe pas indépendamment d’elle, ne produit que pour elle et n’est régie que par elle. Partout où l’État romain s’est établi, il a fondé des villes et en a fait les centres de l’administration. Dans l’Empire romain, les campagnes sont si intimement liées à la ville dont elles dépendent que c’est le même mot, civitas, qui désigne la ville et le territoire qui l’environne. Et ce caractère subsiste jusqu’à la fin de l’Empire byzantin.

C’est donc une nouveauté très surprenante et inconnue jusqu’alors dans le monde occidental, que la constitution d’États dont l’organisation administrative comme l’organisation sociale cesse de correspondre au type urbain de l’État romain. Elle est due, pour ce qui concerne le rôle administratif des villes, à l’impossibilité où se sont trouvés les conquérants de l’Empire d’en conserver intégralement les institutions. Car ce sont les institutions de l’Empire qui, dans les provinces occupées par les envahisseurs, Gaule, Espagne, Italie,Afrique, Bretagne, assuraient l’existence des cités. Sans doute quelques-unes d’entre elles, le long des côtes, comme Marseille,Narbonne, Naples ou Carthagène, pratiquaient un commerce maritime plus ou moins important et presque toutes les villes dans l’intérieur du pays avaient une activité commerciale régulière ; aussi la majeure partie de leur population se composait-elle d’une bourgeoisie de gens de métier et de boutiquiers. Mais aucune d’elles n’était comparable aux grands ports ou centres industriels de l’Orient : Alexandrie, Constantinople ou Antioche. Elles se maintenaient beaucoup moins par leurs propres forces que par le fonctionnement général de l’activité politique et économique du monde romain. Ce qui faisait leur importance, c’est la place qu’elles occupaient dans l’État, leur qualité de centres administratifs, la présence chez elles d’un personnel nombreux de fonctionnaires et les rapports que la population provinciale entretenait nécessairement avec elles. Rome même ne différait à cet égard des cités provinciales que par l’éclat et l’importance qu’elle devait à la présence de l’empereur et du gouvernement central. L’histoire de sa décadence à partir du moment où Constantin la priva du rang et des profits de capitale du monde, se répète en de moindres proportions dans toutes les villes de l’Occident, au fur et à mesure qu’au milieu des troubles des invasions, puis sous le gouvernement des rois germaniques, les fonctionnaires les abandonnent, que les bureaux, les tribunaux, les écoles se ferment, que la poste ne fonctionne plus, que l’inertie et l’incapacité de l’administration laisse tomber en ruines les ponts et les aqueducs, et disparaître la police et le ravitaillement.

Le commerce maritime avait conservé encore aux villes de la côte, jusqu’à l’époque des conquêtes musulmanes, une activité dont avaient bénéficié les régions voisines de l’extérieur. Il avait perdu son principal marché d’exportation depuis que Rome, appauvrie et dépeuplée, ne requérait plus pour sa subsistance le blé des provinces. Pourtant, jusqu’au milieu du viie siècle, des marchands syriens et juifs avaient fréquenté encore régulièrement les ports occidentaux de la Méditerranée. Au temps de Grégoire de Tours, une colonie juive de quelque importance subsistait à Clermont-Ferrand. Le papyrus employé par la chancellerie mérovingienne était importé deSicile, ce qui prouve que la navigation fournissait encore des objets de consommation courante. Mais ces relations avec le monde byzantin cessèrent à partir du moment où la domination musulmane en Méditerranée ne permit plus au commerçant chrétien de se risquer en dehors des eaux grecques et de l’Italie méridionale. De même que la Méditerranée était au pouvoir des Musulmans, la Mer du Nord était surtout parcourue par les barques des Scandinaves.

Baigné par les flots au sud, au nord et à l’ouest, l’Empire carolingien ne présente plus la moindre trace d’activité maritime. Ses seuls ports, Quentovic, à l’embouchure de la Canche, et Dorestadt, conserveront encore une certaine activité commerciale jusqu’au ixe siècle, puis dévastés par les Vikings, ils tomberont dans une décadence complète.

Il devait en résulter un arrêt presque total du commerce et, à part quelques industries locales comme celles du tissage des draps qui se maintint encore en Flandre, une disparition presque complète de l’activité industrielle et de la circulation monétaire.

Dès lors, dans les cités dépeuplées, les quartiers déserts tombent en ruine et servent de carrières de pierres aux rares habitants qui, groupés en un coin de l’ancienne enceinte, s’y retranchent et s’y abritent, en utilisant les matériaux que leur fournissent les monuments abandonnés. À Nîmes, les murs du cirque romain servent de rempart à la bourgade qui niche au milieu des décombres. À Trèves, une fenêtre des anciens thermes impériaux, adaptée tant bien que mal en vue de la défense, devient une des portes de la ville, et la Porta Nigra, dont les blocs de pierre sont trop lourds pour être emportés, est dépouillée, pour servir aux forgerons locaux, des crampons de fer qui les rattachent les uns aux autres.

En Gaule, la vie urbaine s’éteint si complètement que les rois cessent de résider dans les villes, où ils ne trouvent plus les approvisionnements nécessaires à l’entretien de leur cour. Ils passent désormais l’année dans leurs domaines, allant de l’un à l’autre au fur et à mesure qu’ils en ont vidé les granges et les greniers. Comme les rois, les fonctionnaires des provinces vivent aussi à la campagne sur leurs terres ou sur celles de leurs administrés auxquels ils imposent le droit de gîte. Par un curieux phénomène de régression, l’administration, en perdant son caractère urbain, de sédentaire qu’elle était, devient nomade.

Si ruinées, si dépeuplées qu’elles soient, les villes n’ont point pourtant perdu toute importance. Abandonnées par l’administration civile, elles restent les centres de l’organisation religieuse. Le siège épiscopal établi sous l’Empire au chef-lieu de chaque cité demeure debout et la forte armature romaine de l’Église continue à se dresser au milieu des ruines de l’État. Au sein de la société devenue purement agricole, quelque chose du caractère municipal de l’État antique se conserve donc grâce à l’Église. C’est à elle que les villes doivent de n’avoir pas disparu tout à fait, en attendant le jour, encore lointain, où elles deviendront le berceau d’une nouvelle bourgeoisie.

De même que le pape, après l’abandon de Rome par les empereurs, prend sur lui de protéger et d’administrer les habitants de la Ville Éternelle, de même dans chaque cité l’évêque étend son autorité sur les quelques habitants qui se groupent autour de la cathédrale et pourvoient à la subsistance du clergé. La vie et l’organisation religieuse entretiennent ainsi, au milieu des décombres des villes antiques, une petite clientèle laïque chez laquelle se perpétue, tant bien que mal, l’exercice des métiers et de la technique romaine, mais qui ne présente plus rien de commun, ni par l’esprit qui l’anime, ni par l’administration qui la régit, avec les populations urbaines d’autrefois24.

Dans le monde islamique en revanche, les villes connaissent une expansion très importante. Bagdad par exemple est une grande ville dans le haut Moyen Âge.

Les grands domaines

La disparition des villes entraîna une transformation profonde de l’économie rurale. Les produits du sol, qui s’écoulaient sur les marchés urbains, perdirent peu à peu leurs acheteurs. La population agricole ne produisit plus que pour ses propres besoins. Elle se trouva être tout ensemble le producteur et le consommateur des biens de la terre. Il n’y eut plus qu’une seule espèce de richesse, la richesse foncière, et les seules relations économiques qui subsistèrent furent conditionnées par leur qualité de propriétaires ou de tenanciers.

On ne peut se faire aucune idée précise, faute de renseignements, de la crise agricole que durent provoquer la restriction puis le dépérissement complet des marchés urbains. Il est fort probable qu’elle acheva de ruiner ce qui subsistait encore de petits propriétaires. Quant aux grands domaines, elle eut certainement pour résultat d’accroître leur étendue et de modifier leur organisation. Elle accrut leur étendue en poussant les petits cultivateurs, privés de débouchés et par conséquent de ressources, à s’agréger au domaine voisin en lui cédant leur terre sous condition d’en conserver la jouissance sous forme de tenure. Elle modifia leur organisation par la nécessité qu’elle leur imposa de s’adapter à un régime dans lequel la production en vue de la vente a disparu. la transformation a dû commencer dès le ve siècle ; elle est achevée complètement à la fin du viiie siècle. Son aboutissement est le grand domaine de l’époque carolingienne tel que le montre le polyptyque de l’abbé Irminon et le capitulaire De Villis.

Le modèle fut le grand domaine ecclésiastique, mieux organisé parce que l’Église n’avait pas abandonné l’usage de l’écriture. Et l’on peut être sûr que ce sont les domaines de l’Église qui, au-delà du Rhin, ont été les premiers types de l’organisation domaniale.

Le domaine est un phénomène économique tout à fait original ; l’Antiquité gréco-romaine, à aucune de ses périodes, ne présente rien de semblable. Sans doute il se rattache par une filiation directe à la grande propriété des derniers temps de l’Empire romain ; il conserve dans ses traits essentiels l’organisation de la villa romaine, dont il garde le nom, et l’influence du colonat apparaît prépondérante sur la condition de ses tenanciers. Mais son activité dans son principe comme dans ses manifestations, est bien chose nouvelle. On pourrait la caractériser en disant qu’elle est étrangère à l’idée de profit. Et cela se comprend tout de suite si on réalise que, ne pouvant régler la production en vue de l’exportation et de la vente, elle la règle en vue de la répartition et de la consommation intérieure. Son but est que le domaine se suffise et se conserve par ses propres ressources, sans rien vendre et sans rien acheter.

C’est le manque de débouchés qui produit ce repliement sur soi du domaine. Il en découle plusieurs conséquences très importantes qui ont dominé la vie économique du Moyen Âge jusqu’au xiie siècle. Tout d’abord, la régression des procédés de culture est évidente. il devient inutile de faire produire au sol plus que n’exigent les besoins du cultivateur, puisque le surplus ne pouvant être écoulé, ne servirait ni à améliorer la condition du travailleur, ni à augmenter la rente de la terre. On se contentera donc d’un minimum de soin et d’efforts jusqu’au jour où la possibilité de vendre les récoltes incitera les détenteurs du sol à adopter des méthodes plus perfectionnées et par conséquent plus lucratives. Mais c’est qu’alors la terre commencera à être appréciée comme une valeur et non comme un simple moyen de subsistance.

Un autre caractère de l’exploitation domaniale est la substitution presque complète des prestations en nature aux paiements en argent. C’est là une suite logique de l’absence de vente à l’extérieur. Le propriétaire, dont la subsistance dépend de son domaine, fixe en nature, parfois même en matières premières travaillées par le paysan, la quote part de chaque tenure. À des époques déterminées, et conformément à une répartition permanente, les tenanciers auront à lui livrer par exemple des grains, des œufs, du fromage, des viandes fumées ou des aunes de toile. Il ne s’agit cependant pas d’un retour aux âges antérieurs à l’invention de la monnaie. Celle-ci ne cesse pas d’exister comme instrument d’échange et mesure des valeurs mais, à l’intérieur du domaine, elle a cédé la place à la pratique imposée par la nécessité des fournitures en objets de consommation. En dehors du domaine, elle reprend ses droits et c’est en deniers et en oboles que se payent les quelques denrées, œufs et volailles, apportées chaque semaine par les paysans aux petits marchés locaux dont aucune société ne peut se passer entièrement.

Il faut considérer également que la prestation de chaque tenure est invariable et que, moyennant qu’il la fournisse, le tenancier jouit d’un droit héréditaire sur la terre qu’il occupe. C’est la conséquence rigoureuse d’une organisation économique étrangère à l’idée de profit. Ce qui importe au propriétaire, c’est la régularité annuelle de son alimentation et il n’est pas de meilleur moyen de la garantir que de lui donner le caractère d’un impôt permanent. Entre le seigneur du domaine et ses paysans, aucun rapport n’existe qui soit comparable à celui qui subordonne les travailleurs à un capitaliste. Le domaine ne constitue pas une exploitation, que ce soit de la terre ou des hommes. Il est une institution sociale et non économique. Les obligations n’y découlent pas de contrats personnels mais reposent sur le droit et la coutume. Chaque domaine a sa loi spéciale, fixée par des usages traditionnels. Le seigneur est à la fois moins et plus qu’un propriétaire foncier suivant la conception romaine ou moderne du mot : moins car son droit de propriété est limité par les droits héréditaires de ses tenanciers à leur tenure ; plus car son action sur ces tenanciers dépasse de beaucoup celle d’un simple propriétaire du sol.

En effet, il est leur seigneur, et ils sont ses hommes. Beaucoup d’entre eux, descendants d’esclaves affranchis ou serfs, font partie de son patrimoine. D’autres, héritiers des colons de l’époque romaine, sont attachés à leur terre. D’autres encore, qui se sont liés à lui par la recommandation, vivent sous sa protection. Sur tous, à des degrés divers, il exerce une autorité patriarcale et étend sa juridiction privée. C’est par ce groupe familial, qu’il protège et qu’il domine, qu’il est puissant. À cette époque de déclin démographique, les hommes sont plus importants que la terre. Celle-ci est abondante alors que ceux-là sont rares. Il importe donc de conserver soigneusement ceux que l’on possède. De ce fait, les entraves destinées à empêcher l’homme de quitter le domaine se multiplient. Le seigneur possède sur ses serfs un droit de poursuite. Ils ne peuvent sans son consentement épouser des femmes étrangères au domaine. L’attachement à la terre, d’abord restreinte aux descendants des esclaves et des colons, s’étend peu à peu aux hommes libres vivant sous le seigneur. Cette extension graduelle de la servitude à toute la population agricole est le phénomène social le plus remarquable que présente le ixe siècle et les deux cents années qui le suivent. En règle générale, le paysan est un non-libre ; il l’est au point que, dans la langue des documents, les mots qui désignent le paysan (villanusrusticus) deviennent synonymes de serf (servus). Pour comprendre ces notions, Régine Pernoud fait remarquer que le seigneur lui-même est attaché à sa terre, dont il n’est que le gérant au nom de sa famille et de sa lignée.

Qu’elle soit laïque ou ecclésiastique, la grande propriété des premiers siècles du Moyen Âge (antérieurement au xiiie siècle) n’a rien de commun avec la grande exploitation. Déjà à la fin de l’Empire romain les latifundia à esclaves avaient disparu et il semble bien que les propriétaires fonciers se détournaient de plus en plus de la grande culture et divisaient leurs terres en tenures. La cessation complète du commerce des produits agricoles a favorisé encore cette tendance. Le grand domaine de l’époque carolingienne et des siècles suivants nous en montre le triomphe à peu près complet. Il se divise en deux parties d’importance inégale : la terre seigneuriale (terra indominicata) et la terre mansionnaire (mansionaria). la première, de beaucoup la moins étendue, est exploitée directement et tout entière au profit du seigneur. Le travail y est effectué soit par des serfs domestiques ne possédant pas de tenure et analogues à nos ouvriers agricoles soit par des tenanciers astreints aux corvées. La terre mansionnaire est réservée aux tenanciers. Elle est divisée en unités d’exploitation d’étendue variable selon la qualité du sol et les régions, mais dont chacune suffit à la subsistance d’une famille : ce sont les manses (mansus) possédés héréditairement, en échange de prestations en nature ou de travail. Cet ensemble forme la villarurale. Le centre commun est la cour seigneuriale (hofcurtis) dans laquelle réside l’intendant du seigneur, le maire (meyermajor,villicus), préposé à la surveillance et à la juridiction des vilains (paysans, villani). La Cour, entourée d’un fossé et d’une palissade, sert à l’habitation du maître, quand il réside sur sa terre, et renferme des granges et des magasins où sont conservés les récoltes et les autres revenus. C’est là aussi que s’assemble le tribunal domanial composé de tenanciers et présidé par le maire ou le seigneur. Çà et là, déjà au ixe siècle et de plus en plus fréquemment par la suite, une chapelle, bâtie par le seigneur et dont il choisit et nomme le desservant, pourvoit aux besoins du culte. Quantité de paroisses rurales doivent leur origine à ces chapelles domaniales, et c’est par elles aussi que s’explique le droit de présentation des curés que bien des seigneurs locaux ont conservé jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.

Autour des terres cultivables, les bois, les prairies et les marais sont, proportionnellement à la part de sol qu’ils exploitent, livrés à la jouissance du seigneur et des vilains. Souvent, si un cours d’eau les traverse, le seigneur y construit un moulin à son usage et à celui des ses habitants. Une part de farine est prélevée sur chaque sac par le meunier, pour son entretien ; c’est là le point de départ de ces droits de banalité qui n’ont disparu qu’à la Révolution française.

Partout, quelles que soient les différences locales, se rencontrent les traits généraux de l’organisation qu’on vient de décrire. Elle a agi si profondément sur la société que dans toutes les langues le vocabulaire géographique et l’onomatologie en conservent la trace profonde. Il suffit de penser aux noms de lieux terminés, en France, par ville ou court, et dans les langues germaniques, par hof, et à l’abondance des noms de famille Lemaire, Mayer, De Meyer, Le Mayeur, etc.

Ordinairement, un grand domaine se compose de plusieurs villes. Celui de Saint-Germain des Prés, à l’époque de Charlemagne, en comprenait une série, éparpillées de la Bretagne aux bords de la Moselle. Presque toujours les monastères des régions septentrionales cherchaient à acquérir dans les pays à vignobles aux bords du Rhin, de la Moselle ou de la Seine, une ville qui pût leur fournir le vin qu’il était impossible de se procurer par le commerce.

4.Renaissance française

Classé dans : Temps Modernes (1498 - 1789) — jonila @ 21 h 30 min

La Renaissance apparaît en France avec un retard important par rapport à l’Italie. La raison principale est la poursuite de la guerre de Cent Ans jusqu’en 1453, et même 1477 (bataille de Nancy), alors que le processus de renaissance artistique est amorcé dès le xve siècle au moins en Italie et dans de nombreuses régions d’Europe (Flandres, Rhénanie, Alsace,Portugal…).

Comme en Italie, ses traits caractéristiques sont la soif de vivre, la confiance en l’homme, l’appétit du savoir, l’esprit de libre examen. Ce mouvement remet en cause les mentalités duMoyen Âge et recherche de nouvelles formes de vie et de civilisation. En effet, les possibilités de diffusion de l’information par l’imprimerie, et la découverte d’un nouveau monde au-delà de l’Atlantique, modifient profondément la vision du monde des hommes de cette époque.

Renaissance française

La Renaissance est le temps des peintres, des sculpteurs qui sont employés pour les grands rois comme en France avec François Ier, à l’exemple de Léonard de Vinci qui finit sa vie au Clos Lucé, mais aussi de l’arrivée des Médicis à Paris au XVIème siècle1.

Dates de la Renaissance

Les historiens admettent généralement que la Renaissance française débute avec les premières guerres d’Italie, à la toute fin duxve siècle. La fin de la période est en revanche sujet de discorde : l’édit de Nantes de 1598, qui marque la fin des guerres de religion, est souvent considéré comme la fin de la Renaissance, mais certains historiens arrêtent la période dès le début de la première guerre de religion, avec le massacre de Wassy en 1562 ; d’autres arrêtent la période avec l’assassinat d’Henri IV en 1610.

D’une manière générale l’Europe se pacifie considérablement après la bataille de Nancy, en 1477, qui éradique la possibilité d’émergence d’un d’état puissant entre Royaume de France et Saint-Empire. Cette période de paix est favorable à la création artistique, c’est à ce moment qu’apparait une première Renaissance Lorraine (Palais Ducal de Nancy…) dont l’âge d’or sera le règne du DucCharles III de Lorraine avec la création de l’Université de Pont-à-Mousson ainsi que l’édification de la ville-neuve de Nancy, œuvre urbanistique originale puisqu’elle établi une nouvelle ville juste à côté de la ville médiévale. La Renaissance dans le Duché de Lorraineprendra fin avec la guerre de Trente Ans (1618)2.

En bref, la Renaissance couvrira la quasi-totalité du xvie siècle.

Renforcement de la monarchie : la souveraineté

En France, la Renaissance a ceci de spécifique que, après le règne centralisateur de Louis VI le Gros, le pouvoir du roi s’accentue sur ses vassaux. On passe progressivement d’un régime de suzeraineté à un régime de souveraineté.

En fait, l’évolution des techniques de guerre a une influence indirecte sur ce changement. La défense des châteaux forts devient progressivement inefficace du fait de l’invention de nouvelles armes de guerre à plus longue portée (bombarde), de sorte qu’il faut imaginer de nouveaux systèmes défensifs. L’inefficacité de l’armée française pendant certains épisodes de la guerre de Cent Ans(bataille d’Azincourt, 1415, notamment) est révélatrice de ce changement.

Les seigneurs féodaux dont les « privilèges » dans la société médiévale sont compensés par leur responsabilité sur la population environnante en cas d’agression de la communauté locale, n’ont plus le même rôle. Ils prirent des responsabilités militaires au niveau « national » (et non plus local (en langage moderne), conservant néanmoins leurs privilèges.

La hiérarchie des suzerainetés s’en trouve bouleversée. Il faut donc redéfinir les responsabilités réciproques du monarque, devenu le garant de la sécurité du pays unifié. Le principal théoricien de la définition du principe de souveraineté est Jean Bodin.

François Ier est ainsi l’un des premiers monarques français, au sens propre du terme (dans le système féodal, les rois sont suzerainsde leurs vassaux, qui prêtaient serment d’allégeance). On ne voit apparaître l’absolutisme, à proprement parler, qu’avec Henri IV, dont les responsabilités sont accrues à la suite de l’édit de Nantes (1598), et surtout avec Louis XIII (sous l’influence très forte de Richelieu), et avec Louis XIV, appuyé sur ce point par Bossuet.

Architecture

Articles détaillés : Architecture de la Renaissance et Châteaux de la Loire.

4.Renaissance française dans Temps Modernes (1498 - 1789) 220px-Chat_Chambord_solcou_01_062006

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Château de Chambord

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Portail de l’Église Saint-Maurille de Vouziers.

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Cour de l’hôtel d’Escoville à Caen.

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Maison dite de François Ier à Moret-sur-Loing.

La manifestation la plus évidente de la Renaissance en France est l’édification de châteaux résidentiels dans le Val de Loire ainsi qu’en Île-de-France. Les prémices sont constituées par des châteaux dans un style prérenaissance construits dans le Berry, près de Bourges (capitale du roi Charles VI, proche de l’actuelle route Jacques-Cœur), alors que le nord de la France n’est pas encore totalement remis des séquelles de la guerre de Cent Ans.

Les plus grands châteaux de la Renaissance sont construits en Touraine. Les principaux protagonistes en sont les rois Charles VIII, Louis XII, François Ier. La duchesse Anne de Bretagne joue aussi un très grand rôle…

L’architecture de ces châteaux tranche avec celle des châteaux forts construits à partir duxie siècle. D’ailleurs, dans un premier temps, le style renaissance est utilisé lors de travaux d’agrandissement, d’embellissement ou de modernisation des constructions médiévales préexistantes. On voit, au château de Blois par exemple, une transition entre le gothique flamboyant (dit aussi « tardif ») et le style Renaissance. Par la suite, on hésite plus à construire de toutes pièces des édifices entièrement « Renaissance ». Ainsi, Chambord et les autres châteaux construits ultérieurement, notamment ceux de la « deuxième renaissance », présentent une unité de style.

François Ier fait appel à des artistes italiens pour la construction de ces châteaux : Chambord aurait été ainsi conçu par Domenico Bernabei da Cortona dit « Boccador ». Lechâteau d’Ancy-le-Franc, lui, a été conçu par l’architecte italien Sebastiano Serlio non pour le roi mais pour un grand seigneur du royaume, Antoine III de Clermont, et ses salles sont ornées de fresques attribuées au Primatice et à d’autres peintres de l’Ecole de Fontainebleau, ce qui témoigne de l’influence qu’ont eu les demeures royales, ici le château de Fontainebleau décoré par ces mêmes artistes, sur le goût de la haute société à partir du règne de François Ier.

En Île-de-France, le Château d’Écouen, dans le Val d’Oise, dont les plans ont été dressés par Jean Bullant est l’un des principaux témoignages de l’architecture du milieu duxvie siècle. Il a d’ailleurs été choisi pour accueillir le Musée national de la Renaissance.

Mais peu à peu les architectes français commencent à s’approprier le nouveau style Renaissance : les plus célèbres du xvie siècle sont Pierre Lescot (qui a notamment travaillé au Louvre, construisant l’aile aujourd’hui connue sous le nom d’aile Lescot), Philibert Delorme et Jacques Androuet du Cerceau (surtout connu pour ses remarquables gravures de bâtiments).

Outre Blois, Chambord, Fontainebleau, Ecouen, Ancy et le Louvre d’autres châteaux majeurs de la Renaissance française encore existants aujourd’hui sont les châteaux d’Amboise, d’Azay-le-Rideau, de Gaillon, de Villandry, de Chenonceau et d’Anet. Le val de Loire possède une exceptionnelle densité de châteaux et manoirs datant de la Renaissance ou ayant fortement remanié à cette époque où la cour royale y séjournait régulièrement. Connus sous le nom de châteaux de la Loire, certains d’entre eux comptent parmi les plus remarquables et célèbres édifices de la Renaissance française.

Dans le domaine religieux, les églises construites à la Renaissance sont moins nombreuses que les demeures civiles mais il en existe encore un certain nombre. De plus le style gothique continue d’être largement employé pendant la première partie du siècle comme par exemple au monastère royal de Brou. Des exemples significatifs d’architecture Renaissance se rencontrent notamment à l’Église Saint-Eustache (qui marque les débuts de la transition entre gothique et renaissance) et l’Église Saint-Étienne-du-Mont à Paris, à l’Église Saint-Acceul à Ecouen, à l’Église Saint-Michel de Dijon, à l’abbaye de Fontevraud (notamment les cloîtres et la salle capitulaire), à la cathédrale Saint-Louis de Blois et à la cathédrale du Havre. Enfin, il existe une spécificité propre à de nombreuses églises bâties au xvie siècle dans l’ouest de la Bretagne et qui sont entourées de ce que l’on appelle des enclos paroissiaux, enclos qui incorporent généralement, outre l’église, une porte triomphale, un ossuaire, un calvaire et une enceinte construits dans un style renaissance local mais très riche.

Les grandes demeures citadines adoptent également le style Renaissance et se développent les hôtels particuliers entre en cour et jardin comme à l’hôtel Carnavalet à Paris. Outre Paris des villes comme Lyon, Toulouse, Besançon ou Metz sont particulièrement riches de maisons et d’hôtels en style renaissance. Parmi les demeures les plus célèbres on peut citer l’hôtel de Bagis et l’hôtel d’Assézat à Toulouse, le logis Pincé à Angers, l’hôtel de Bullioud et l’hôtel de Gadagne à Lyon, l’hôtel d’Escoville à Caen, la maison des Têtes à Metz, l’Hôtel d’Haussonville et l’hôtel de Lillebonne à Nancy, le Palais Granvelle et l’Hôtel de ville à Besançon.

 

  • Palais ducal de Nevers

  • Château de Chenonceau

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    Château d’Azay-le-Rideau

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    Château de Blois

  • Galeries du château de La Rochefoucauld.

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    Château de Villandry

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    Château de Montsoreau

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    Cour du château d’Ancy-le-Franc

  • Aile Lescot du palais du Louvre.

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    Fontaine des Innocents à Paris.

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    Hôtel Lallemant à Bourges.

  • Hôtel d’Alluye à Blois.

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Langue et littérature

De cette région du Val de Loire sont originaires plusieurs des premiers grands écrivains en langue française.

Le roi François Ier s’installe ensuite à Fontainebleau, où il transfère la bibliothèque royale. François Ier œuvre beaucoup pour la langue française : en 1539, il signe l’ordonnance de Villers-Cotterêts, qui donne à la langue française son statut de langue du droit et de l’administration. L’un des traits les plus caractéristiques de la renaissance en France, et des plus durables, est l’apparition du françaiscomme langue officielle unique, statut accordé par le souverain. Pourtant, l’immense majorité de la population, surtout dans les provinces, continue de parler des dialectes (picard, normand…).

Certains des écrivains les plus célèbres de la Renaissance française sont François Rabelais, Marguerite de Navarre, Clément Marot,Maurice Scève, Louise Labbé, Pierre de Ronsard, Joachim du Bellay, Étienne de La Boétie et Michel de Montaigne.

Voir :

  • Histoire du français
  • Écrivains français nés au xve siècle
  • Écrivains français nés au xvie siècle

Éducation

L’université de Paris, bien que préservant le prestige acquis au xiiie siècle (Thomas d’Aquin), est en retard par rapport au mouvement de renaissance d’autres universités européennes : notamment Salamanque, Louvain,… Le renouveau devient effectif dans les années 1530, lorsqu’on sent alors l’effervescence intellectuelle se manifester.

Paris est alors la principale ville universitaire d’Europe, avec de nombreux collèges (environ 80).

Ignace de Loyola décide de se former à l’université de Paris, essentiellement en raison du prestige que cette université conserve enEurope, mais aussi en raison d’une plus grande tolérance.

François Xavier, disciple d’Ignace de Loyola, reçoit également sa formation à l’université de Paris.

Les Jésuites reprennent cette tradition de l’éducation, en respectant le legs de Thomas d’Aquin : Pierre Favre est un helléniste, et connaît très bien la philosophie scolastique, ainsi que la philosophie d’Aristote.

Voir :

  • Éducation à l’époque moderne
  • Histoire de l’éducation en France

Peinture et sculpture

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La montée au calvaire deToussaint Dubreuil représentant la scène de la Crucifixion. Cette peinture sur toile du xvie siècle est exposée au château d’Écouen.

La peinture française est, en France davantage qu’en Italie, portée par le mouvement d’édification des châteaux lancé par les princes. Ainsi le Connétable de France Anne de Montmorency, lorsqu’il fit bâtir sa plus grande demeure, le château d’Écouen, engagea un grand nombre d’artistes, célèbres ou inconnus, pour créer des décorations intérieures (Jean Goujon, Masseot Abaquesne…). Certains d’entre eux vinrent depuis l’Italie et furent rendus célèbres par leurs créations à Ecouen. Ainsi, toutes les cheminées du château sont peintes dans un style très italien, les murs comportent de larges frises et les sols sont en faïences colorées.

De nombreux peintres italiens puis flamands sont engagés à la cour de François Ier et de ses successeurs et participent à la décoration des demeures royales et des châteaux de la noblesse. Ces artistes créent une école de peinture inspirée du maniérisme italien appelée école de Fontainebleau, rappelant le rôle décisif de ce chantier des rois François Ier, Henri II et Henri IV dans l’implantation et la diffusion du style Renaissance en France. Ses représentants les plus célèbres sont Rosso Fiorentino, Le Primatice et Nicolò dell’Abbate sous François Ier, puis, sous Henri IV,Ambroise Dubois et Toussaint Dubreuil.

En France, l’art du portrait peint était déjà connu et répandu depuis le milieu du xve siècle, notamment grâce à Jean Fouquet puis Jean Perréal, mais il prend véritablement de l’ampleur auxvie siècle grâce aux portraitistes attitrés du roi que sont Jean Clouet et son fils François dont le style d’une grande précision et d’une grande finesse, comme en témoigne les nombreux dessins préparatoires réalisés avant l’exécution des portraits peints, influencera les portraitistes suivants comme Corneille de Lyon et François Quesnel.

Pour la sculpture, François Ier s’est notamment procuré les services de Benvenuto Cellini dont l’art a influencé toute la statuaire française du siècle. Ses autres principaux représentants ont été Jean Goujon et Germain Pilon.

Voir : Peintres français du xvie siècle

5.Grand Siècle (histoire de France)

Classé dans : grand siecle — jonila @ 21 h 22 min

Le Grand Siècle est une des périodes les plus riches de l’histoire de France, qui se déroule pendant le règne de Louis XIV. Lexviie siècle est appelé ainsi car pendant cette période le grand royaume de France domine ou, à défaut, marque durablement l’Europe, et même le monde, grâce à sa puissante armée mais aussi et surtout par son influence culturelle très importante : en effet, toutes les cours d’Europe en quête de rayonnement, qu’elles soient princières ou royales, prendront pour modèle la cour du « Roi Soleil » et ses attributs, comme la langue, l’art et la littérature française.

Sommaire

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  • 1 Versailles, modèle pour l’Europe
  • 2 Arts
  • 3 Bibliographie
  • 4 Articles connexes

Versailles, modèle pour l’Europe

Toutes les modes semblent avoir été « dictées » aux souverains depuis Versailles, résidence de Louis XIV, palais qui sera d’ailleurs copié sur tout le Vieux Continent car chaque roi voulait son Versailles (Caserte pour le roi de Naples, Sans-Souci à Potsdam pour le roi de Prusse, Peterhof pour le tsar de Russie, etc.)

Arts

 

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Nicolas Poussin, L’enlèvement des Sabines, 1637-38, Paris, musée du Louvre.

C’est pendant cette période que s’épanouissent en France les arts dans tous les domaines, dans un contexte de paix retrouvée après les guerres de religion de la fin du xvie siècle et d’affirmation du pouvoir absolu du roi. Si le baroque italien influence les artistes français, lexviie siècle voit la naissance d’un vocabulaire artistique proprement français emprunt declassicisme et de références à l’antique, style qui va avoir une influence à l’échelle européenne. À partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, Paris remplace Rome comme capitale artistique de l’Europe, rôle qu’elle ne quittera plus jusqu’au XXe siècle. Les modèles français se diffusent dans toute l’Europe du nord à la fin du siècle, comme par exemple l’hôtel particulier entre cour et jardin, qui se développe réellement à partir de Paris tout au long du siècle, les jardins à la française mis au point par André Le Nôtre, l’ameublement destyle Louis XIV ou encore les grandes résidences royales des cours européennes, bâties sur le modèle du château de Versailles.

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Le Dôme des Invalides à Paris, exemple d’architecture classique française.

Tout au long du siècle, les arts en France sont incarnés par de grandes figures dans tous les domaines artistiques : souvent au service du roi ou de grands mécènes issus de la noblesse ce sont les peintres Simon Vouet, Nicolas Poussin, Claude Lorrain, Georges de La Tour, les Frères Le Nain, Philippe de Champaigne, Charles Le Brun et Hyacinthe Rigaud, les sculpteurs Pierre Puget, François Girardon et Antoine Coysevox, les architectesJacques Lemercier, François Mansart, Jules Hardouin-Mansart et Louis Le Vau, le dessinateur de jardins André Le Nôtre, qui créa le jardin à la française qui se diffusa dans toute l’Europe, l’ébéniste André-Charles Boulle mais aussi de nombreux dessinateurs et graveurs comme Jacques Callot ou Abraham Bosse ainsi que des orfèvres renommés dans toute l’Europe, qui confectionnèrent notamment pour Louis XIV sa Grande Argenterie, malheureusement fondue quelques années plus tard pour couvrir les frais des guerres du roi. L’art de la tapisserie connaît un essor nouveau en France au XVIIe siècle, grâce à la création de la manufacture royale des Gobelins.

Certaines des réalisations architecturales les plus célèbres du Grand Siècle sont le château de Versailles, le château de Vaux-le-Vicomte, le complexe des Invalides, la place des Vosges, la place Vendôme, la cour carrée et la colonnade du Louvre ainsi que le Pont Neufà Paris. L’architecture militaire est incarnée par les innovations de Vauban, qui fortifie les côtes et les frontières du pays grâce à un réseau de citadelles et de forts conçus de manière rationnelle selon un plan en damier.

6.Le xvie siècle en france

Classé dans : La France au XVI e siècle — jonila @ 21 h 10 min

Le xvie siècle commence le 1er janvier 1501 et finit le 31 décembre 1600. Historiquement, on considère souvent qu’il commence le 12 octobre 1492 avec la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb. Pour la France, on considère qu’il commence avec l’avènement du roi François Ier en 1515 et qu’il se termine avec l’assassinat du roi Henri IV en 1610. Certains historiens comme Bernard Quilliet, reprenant Emmanuel Le Roy Ladurie, nomment la période s’étendant de 1490 à 1560 « le beau xvie siècle »1. Il a la particularité d’être le siècle le plus court de l’histoire, du fait de l’ajustement grégorien, qui a fait sauter onze jours dans la nuit du 4 au 15 octobre 1582.

7.Histoire de France au xviie siècle

Classé dans : La France au xviie siècle — jonila @ 20 h 55 min

L’Histoire de France au xviie siècle est marquée par l’apogée du pouvoir royal, qui devient absolu. Après la paix des Pyrénées (1659), le royaume de France devient une puissance dont le rayonnement s’étend à une grande partie de l’Europe.

Cette période est marquée, en Europe, par la guerre de Trente Ans (1618-1648), et par un ensemble d’autres guerres par lesquelles les rois ou princes des différents pays cherchent à détrôner les rois étrangers afin de récupérer un maximum de pouvoir.

Mais c’est aussi une période de très grands changements du point de vue culturel. La culture française rayonne en Europe, dans tous les domaines, appuyée par la création d’Académies : la littérature, les arts, les sciences. Le français est confirmé comme la languedes grands écrivains (Molière, Corneille…). La peinture, la sculpture, l’architecture, et la musique sont florissantes. Les scientifiques français tiennent une place très importante en Europe (astronomie, mathématiques, physique, optique), avec Fermat, Pascal, Descartes…

Les artistes et les intellectuels français sont alors au cœur des réseaux culturels européens.

C’est la raison pour laquelle le xviie siècle est quelquefois appelé en France le Grand Siècle.

La monarchie administrative

La prise de pouvoir (10 mars 1661)

7.Histoire de France au xviie siècle dans La France au xviie siècle 220px-Louis-xiv-lebrunl

magnify-clip dans La France au xviie siècle

Louis XIV en 1661 par Charles Le Brun.

Le 10 mars 1661, le lendemain de la mort de son Premier ministre Mazarin, Louis XIV qui a alors 22 ans, crée en quelque sorte une rupture avec l’ancien régime, ou du moins les traditions royales (on a même parlé de coup d’État) : il met fin au conseil « élargi » et annonce qu’il gouvernera avec un Conseil étroit. La fonction de connétable n’existait déjà plus depuis la mort de Lesdiguières, dernier à avoir porté ce titre en 1627, celui de colonel général d’infanterie non plus depuis la mort du duc d’Épernon, dernier à avoir porté le titre, cette même année 1661. Il ne nomme pas de remplaçant au poste de Mazarin, récupère une partie des pouvoirs qui étaient avant délégués à d’autres (signatures de textes, nominations, promotions), se met à assister régulièrement aux réunions politiques… Il inaugure donc en 1661 un véritable règne personnel, et crée 63 chevaliers du Saint Esprit, ce qui n’avait pas été fait depuis 1633.

C’est-à-dire le cœur politique de l’État. Il se constitue en gros de 7 Conseils :

  • Le Conseil d’en haut : Il réunit les membres les plus importants du pouvoir après le pouvoir, c’est-à-dire les meilleurs conseillers pour le roi. En 1661, ils ne sont que trois (leur nombre ne dépassera jamais 7) : Le Tellier, Fouquet et de Lionne.
  • Le Conseil des dépêches, présidé par le roi, et qui se réunit deux fois par semaine (une fois tous les quinze jours à partir de 1691) pour parler de la correspondance avec les gouverneurs et les intendants des Provinces. Y viennent aussi le chancelier, les secrétaires d’État et ceux qui doivent leur succéder.
  • Le Conseil privé (ou Conseil des parties) : Trente hommes (quatre-vingt en 1664) qui délibèrent (le roi n’y assiste quasiment jamais) des affaires judiciaires que le roi s’autorise à régler sans passer par les voies traditionnelles. Ce Conseil est présidé par le chancelier.
  • Le Conseil de survivance et le Conseil de la religion prétendue réformée. Le premier, le plus souvent, ne se compose que du roi et de son confesseur le père Arnauld, et nomme les évêques et abbés. Le second s’occupe des affaires des protestants (il disparaît en 1685).
  • Les ministres et secrétaires du roi : Ceux qui ont prouvé leur valeur du temps de Mazarin gardent leurs places : Séguier en garde des sceaux, La Vrillière pour les affaires protestantes, Le Tellier ministre de la Guerre, son fils le marquis de Louvois récupère ce poste en 1662, Guénégaud s’occupe de la maison du roi, du clergé et de Paris. Fouquet, à part, gère les Finances, d’abord avecServien qui meurt en 1659, puis seul jusqu’à sa disgrâce en 1661, accusé par le roi de complot, il est exilé puis condamné à un emprisonnement à vie. Enfin Colbert, en rapport probable avec la condamnation de Fouquet, depuis qu’il a été rabaissé au simple statut de contrôleur des finances. Fouquet assumera sa peine, alors que l’on sut rapidement, que contrairement à Sully, Richelieuou Mazarin, il ne s’était jamais réellement enrichi durant l’exercice de son pouvoir.
  • Le Conseil royal des finances et le Conseil royal du commerce : Le premier, présidé par le roi, mais gouverné par le maréchal de Villeroy assisté de deux conseillers et d’un intendant des finances, se réunit deux fois par semaine et discute et signe tous les traités et lois en rapport avec les finances (investissements, impôts…). Mais en fait c’est à l’intendant des finances, Colbert, que reviennent quasiment tous les pouvoirs. Ce sera lui, aussi, qui obtiendra la création du second Conseil, le Conseil royal du commerce, en 1664 (ce Conseil disparaît en 1676), et dont il sera aussi à la tête. Par les « liasses », audiences techniques avec des conseillers précis sur des problèmes particuliers du royaume, le roi entretient son contrôle et sa connaissance. Le roi ne nomme pas les officiers de justice et des finances (au nombre de 45000 tout de même), mais nomme les officiers de ses armées et de sa marine.

Durant les 11 premières années du règne personnel de Louis XIV, la politique générale du royaume est une politique de paix et de grandes réformes qui marqueront longtemps le royaume. À la tête de ces réformes, Louis XIV bien entendu, mais aussi Colbert qui entre au Conseil d’en haut en 1661 (il y prend la place de Fouquet), chargé du département des Bois, nommé surintendant des bâtiments en 1664, contrôleur général des finances et, en 1669, il reprend la charge de Guénégaud, puis la même année la gouvernance de la marine, ancien poste de de Lionne. Il est important mais n’atteint jamais le statut de principal ministre qu’avaient possédé Richelieu ou Mazarin.

La réforme fiscale

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Jean-Baptiste Colbert

Elle comporte plusieurs éléments et évènements majeurs. Entre 1660 et 1665 (Fouquet éliminé du pourvoir en 1661), Colbert fait passer la taille de 40 millions de livres à 35 millions de livres (soit une réduction de presque 15 %). Pour compenser il augmentera les impôts indirects (un peu comme Sully), et les fermes. Une ferme générale est créée en 1681 : elle regroupe les aides, les gabelles, les domaines, les traites et les taxes intérieures.

La révolte du papier timbré en 1675

Pour augmenter les rentrées d’argent, des novelletés, c’est-à-dire ici des taxes indirectes sur la consommation de tabac, l’achat de vaisselle et une obligation d’utilisation du timbre payant, dans des villes comme Bordeaux, jusqu’alors exemptées de telles mesures, et sans l’accord de ces villes, provoquent plusieurs révoltes, notamment en 1675 à Rennes, mais le mouvement ne manque pas de se propager et les émeutes, comme les condamnations qui les suivent font plusieurs dizaines de morts. Les bureaux de papier timbré sont d’abord souvent visés, mais rapidement la révolte antifiscale devient une révolte antiseigneuriale. Les paysans par milliers viennent protester contre les pressions énormes que font peser sur eux les seigneurs, celles-là même qui les empêchent de supporter les nouveaux impôts royaux. Plusieurs marquis voient leurs châteaux attaqués, le duc de Chaulnes est menacé, il demande de l’aide à Colbert qui lui envoie 6000 hommes. Le duc de Chaulnes mènera une répression expéditive, arbitraire et féroce, il veut séparer de façon symbolique les provinces révoltées de celles restées fidèles. Il occupe presque un an, militairement, la ville deRennes, exile à Vannes (où il restera jusqu’en 1689) le Parlement de Bretagne, jugé trop mou face aux désordres. En 1676, la rébellion est matée.

La chasse aux faux nobles

Il serait faux de dire que Colbert ne fait payer que les riches. Il décide en effet dès 1664, de faire la chasse à ceux qui prétendent être nobles sans y avoir le droit, il faut maintenant pouvoir présenter des preuves de son statut de noble. L’idée est d’une part de faire payer les usurpateurs, d’autres part de garder près du pouvoir seulement les grands, ceux qui font fonctionner économiquement le pays. Seulement l’entreprise ne porte pas tous ses succès, à cause des bidouillages généalogiques et des mariages anoblissants, organisés pour l’occasion.

Les grandes ordonnances

Colbert reste 22 ans au pouvoir, il tentera toutes ces années, par une refonte et une mise à jour en profondeur de la législation et des codes de procédures du royaume, d’irriguer le pays de son influence, et cela au-delà des frontières des coutumes et privilèges.

  • Le Code Louis : Il doit unifier les procédures civiles à tous les Parlements et clarifier, simplifier, rationaliser les démarches judiciaires.
  • L’Ordonnance des Eaux et Forêts : Par des mesures visant à préserver les forêts du royaume en les associant au domaine royal, celui-ci s’agrandit considérablement à partir de 1669, date à laquelle l’ordonnance est signée, ce qui représente aussi une certaine somme d’argent. C’est dans le cadre de ce projet que dès 1661, Colbert récupère le gouvernement anciennement possédé par le Chancelier du département des Bois.
  • La Grande Ordonnance de la marine : À partir de 1676, Colbert met en place tout un tas de mesures pour assurer la gestion des mers et rivages (police maritime et portuaire, organisation des chantiers navals…), mais le gros du succès de Colbert est d’avoir mis sur pied une flotte guerrière digne de ce nom et capable de rivaliser avec les marines de plus grands (Angleterre et Pays-Bas). C’est dans le cadre de ce projet que dès 1669, Colbert récupère le gouvernement anciennement possédé par le de Lionne du département de la Marine.
  • Le Code noir : Il concerne, lui, tous les aspects de la vie des esclaves. Ne sont pas abolis la question (=torture), en ce qui les concerne, bien au contraire puisque les châtiments corporels allant jusqu’à la mort, sont conseillés à titre d’exemples pour les autres. L’esclave au xviie en France, n’est pas considéré comme un Homme, mais comme un objet, un bien.

Les moyens de la prépondérance

La diplomatie

D’abord confiée à des ambassadeurs extraordinaires, hauts nobles souvent chefs de guerre victorieux, elle devient progressivement le fait de grands commis spécialisés. La diplomatie nécessite alors toute une série d’émissaires, d’espions et de diplomates de carrière, et nécessite des sommes considérables en subventions. Les grands négociateurs du xviie siècle sont de toute évidence Mazarin, puis Louis XIV lui-même, qui est aidé des secrétaires d’État aux Étrangers (dans l’ordre de leur succession, du plus ancien au plus moderne : de Lionne, Pomponne, Colbert de Croissy (le frère de Colbert), Colbert de Torcy (le fils de Colbert de Croissy, marié à la fille de Pomponne).

L’armée

Le Tellier jusqu’en 1672, puis Louvois jusqu’en 1691, créent une véritable armée moderne. Depuis la disparition du statut de colonel général d’infanterie, le roi a un contrôle bien plus important de son armée. Pour grossir les rangs français, Louvois crée en 1668 une armée de réserve, composé d’un homme par paroisse, d’abord désigné puis à partir de 1691, tiré au sort. Petit à petit, on passe aussi d’une guerre de mouvement, à une guerre de siège. Pour en finir avec tous les problèmes de logement des soldats, Louvois et Vaubanentament le travail de longue haleine de construction de nombreuses casernes. Pour accueillir blessés et mutilés, Libéral Bruant fait construire en 1674, l’hôtel des Invalides. Un problème qui ne se résout qu’au jour le jour, c’est la constante reconstruction des places fortes situées sur les frontières, constamment exposées aux attaques, cependant Vauban s’emploiera à dresser citadelles, fortifications et villes-nouvelles, pour parer au problème.

La marine

Elle est complètement négligée sous Henri IV, Richelieu fournit les premiers efforts, mais l’emploie de matelots est difficile et un peu anarchique, Mazarin, lui ne peut s’y consacrer trop occupé par les conflits extérieurs, Colbert en revanche va, avec son fils le marquis de Seignelay, à partir de 1676, doter la France d’une véritable marine de guerre. Les arsenaux royaux sont à Dunkerque, Le Havre,Brest, Lorient et Rochefort, Marseille, Toulon. Sont développées les industries annexes.

Pour pallier le problème du recrutement, Colbert met en place un service militaire rotatif qui fonctionne sur quatre groupes, c’est l’Inscription maritime. Bien sûr, ce système n’est pas très bien ressenti. Aussi Colbert promet de nombreux avantages, pour ceux qui viennent de l’étranger est offerte automatiquement la nationalité française par exemple.

La direction de l’économie

Les principes de l’action

Trois principes fondamentaux de l’enrichissement du royaume

  • la tractation d’un maximum de métal, matière première phare de l’époque
  • ce qui entraîne un développement du commerce international
  • ce qui entraîne une croissance des barrières douanières pour protéger l’économie de son pays

Colbert, s’illustre dans ses trois domaines pendant sa période de gouvernement. Dans l’idée de centraliser le pouvoir, Colbert commande sans cesse des cartes spécialisées des provinces et exige des rapports des gouverneurs, qui lorsqu’ils sont trop longs à réagir voient venir une assemblée de commissaires chargés d’enquête. Ces recherches portent sur tous les domaines : démographique, militaire, économique, social, mais aussi religieux. Le but est d’avoir un regard concret sur le royaume pour prendre des mesures fructueuses aussi bien à l’échelle régionale, que nationale.

Dynamiser l’artisanat

A lieu une division géographique du travail : dans les campagnes les activités de base, et dans les villes les travaux de finition. Le marchand y trouve son compte car la main-d’œuvre rurale est moins chère, moins organisée (syndicats) et moins frondeuse que celle de la ville. Pour améliorer l’artisanat et sa vente à l’étranger, trois méthodes sont appliquées en même temps :

  • améliorer la qualité, en rédigeant des règlements et en déléguant des équipes d’enquêtes pour vérifier qu’ils sont appliqués dans les manufactures, mais cela ne porte que très lentement ses fruits.
  • créer de nouvelles entreprises largement aidées financièrement par l’État, en tant que sponsor, mais aussi comme acheteur, c’est le cas pour la compagnie des glaces de Saint-Gobain.
  • aller soudoyer de la main-d’œuvre à l’étranger.

Aider le commerce intérieur

Il se fonde essentiellement sur les cultures de céréales, bases de l’alimentation du royaume : froment, sarrasin, maïs (importé d’Amérique du Nord). Mais le vrai problème se trouve dans les voies de communication, trop désuètes pour les lourdes charges à transporter. Les liens commerciaux sont faibles, même entre deux villes proches. La seule solution est la longue création de canaux artificiels. L’un des plus impressionnants est celui qui relie Atlantique et Méditerranée, au Sud-Ouest de la France, administré par Riquet et construit entre 1642 et 1681, long de 250 km, il évite à présent de contourner l’Espagne pour circuler. Là où les Français sont des amateurs de cabotage, ce sont les Anglais les professionnels des longs voyages internationaux.

Développer le commerce extérieur

La présence française en Amérique du Nord

Cela n’empêche pas les Français d’être présents à l’étranger, en Inde et en Amérique du Nord. On les trouve notamment dans ce qui s’appelle alors la Nouvelle-France, ancêtre du Canada et surtout du Québec, sans oublier l’Acadie et davantage. Car cet empire pénètre le continent jusqu’en Louisiane, nommée ainsi en honneur de Louis XIV. Cavelier de la Salle part de Montréal et découvre l’embouchure du Mississippi ; La Vérendrye les Rocheuses. Le Sieur de Cadillac fonde le Fort du Détroit, embryon de Détroit, Michigan. Pour accroître cette population de marins et de soldats, et de « coureurs des bois », Colbert fait envoyer à Montréal un millier d’orphelines : les « filles du roi ». D’ailleurs sur le continent américain (dont l’extrême Nord est découvert par Jacques Cartier en 1534), grandit jusqu’en 1682, en passant par les Grands Lacs, « les Illinois », le fleuve Mississippi, et s’étalant jusqu’au Golfe du Mexique avec la fondation de la Louisiane au début du xviiie siècle. En y rajoutant la Guadeloupe, la Martinique et Saint-Domingue, les Français ont en Amérique du Nord un territoire bien plus considérable que les Anglais.

Leur empire de Nouvelle-France est étroitement lié aux peuples amérindiens de l’intérieur, partenaires commerciaux et alliés militaires, que les Treize Colonies devenues États-Unis repousseront bientôt. C’est pourquoi le chef Pontiac souleva la région de Détroit en 1763 pour refuser la Conquête anglaise et la cession qui s’ensuit au Traité de Paris, qui met un terme à la Guerre de Sept Ans et aux Empires français des Indes et d’Amérique du Nord.

Les grandes compagnies

Elles sont une initiative de Richelieu mises en application avec plus ou moins de succès par Colbert. Sont créées en 1664, en 1665, en 1669 et 1670 les Compagnies françaises des Indes occidentales (îles et Canada), des Indes orientales (Extrême-Orient), du Nord (commerce avec la zone Baltique) et du Levant (Asie).

8.Le XVIII e siecle en france

Classé dans : Le XVIII siecle — jonila @ 19 h 57 min

Louis XV règne de 1715 à 1774. N’ayant que cinq ans à la mort de son arrière-grand-père, Louis XIV, le pouvoir est confié à un conseil de régence dirigé par le duc d’Orléans. Celui-ci a pris soin de faire casser le testament du roi défunt, qui limitait son pouvoir, par le parlement de Paris en échange d’un retour au droit de remontrance. Un des pouvoirs autonomes muselés par Louis XIV retrouve ainsi un pouvoir de contestation de la monarchie dont il se servira tout au long du xviiie siècle. L’époque est au relâchement des mœurs, au boom économique, à la spéculation. Le goût pour les produits exotiques favorise le développement des ports de l’Atlantique. Les marchands de produits coloniaux, la monarchie et les trafiquants d’esclaves font d’éclatantes fortunes et les colons importent des produits manufacturés de France. Le port deNantes se développe et les négriers se font construire à Nantes, à Bordeaux et à La Rochelle d’imposants bâtiments. La Nouvelle-Orléans est fondée en 1718.

Quand le régent meurt en 1723, Louis XV règne personnellement. Jusqu’en 1743, il s’appuie sur un premier ministre Fleury, son ancien précepteur en qui il a toute confiance. Sous son règne, la France s’agrandit. En 1735, la Lorraine, principauté souveraine, plusieurs fois occupée par la France, est donnée à Stanislas Leszczyński, roi malheureux, chassé du trône de Pologne par les Russes et les Autrichiens, et beau-père de Louis XV. À sa mort en 1766, elle entre dans le domaine royal. La Corseest cédée par la République de Gênes en 1768. Auparavant en 1762, la région desDombes avait, elle aussi, rejoint le domaine.Sous les règnes de Louis XV et de Louis XVI, est entreprise une politique de simplification et de régularisation des frontières. Il s’agit de procéder à des échanges de places avancées avec les États voisins pour éviter les enclaves aussi bien françaises en dehors des frontières qu’étrangères à l’intérieur du territoire. En 1789, il n’existe plus que trois enclaves étrangères en territoire français, Avignon et le Comtat qui appartiennent au pape, la principauté de Montbéliard et la République de Mulhouse37.

C’est d’ailleurs au xviiie siècle que se forge la théorie des frontières naturelles de la France. Un mémoire adressé au roi précise : « La France effectivement doit se tenir bornée par le Rhin et ne songer jamais à faire aucune conquête en Allemagne. Si elle se faisait une loi de ne point passer cette barrière et les autres que la nature lui a prescrites du côte de l’occident et du midi : mer céane, Pyrénées, mer Méditerranée, Alpes, Meuse et Rhin, elle deviendrait alors l’arbitre de l’Europe et serait en état de maintenir la paix au lieu de la troubler. »38. Pendant son règne, Louis XV refuse plusieurs fois les propositions qui lui sont faites d’annexer les Pays-Bas autrichiens(la Belgique actuelle) en échange de son alliance ou de sa neutralité, sans que les historiens en comprennent bien la raison37. Le refus de Louis XV d’annexer les Pays-Bas autrichiens montre que cette idée n’est pas, à ce moment, la doctrine officielle de l’État.

En perdant la guerre de Sept Ans (1756-1763), la France perd son importance politique d’outre-mer, notamment en Amérique (perte de la Nouvelle-France) et en Inde (où elle ne conserve que Yanaon, Chandernagor, Karikal, Mahé et Pondichéry) en cédant ses territoires à la rivale Grande-Bretagne par le traité de Paris de 1763.

9.Le xixe siècle

Classé dans : Historie de France au XIXe siècle — jonila @ 15 h 00 min

Le xixe siècle (1815-1914)

La Restauration (1814-1830) et la Monarchie de juillet (1830-1848)

Articles détaillés : Restauration française et Monarchie de Juillet.
9.Le xixe siècle dans Historie de France au XIXe siècle 220px-Louis-Philippe_de_Bourbon

magnify-clip dans Historie de France au XIXe siècle

Louis-Philippe Ier

La restauration est la période allant de la chute du Premier Empire le 6 avril 1814 à laRévolution de 1830.

Les Bourbons reviennent au pouvoir lors d’une période appelée Restauration qui débute le6 avril 1814. Le 24 avril 1814, Louis XVIII débarque à Calais. Le 4 juin 1814, il accorde unecharte par laquelle il consent volontairement à limiter son pouvoir. Il affirme par là même la souveraineté de droit divin du monarque. De ce fait, la charte de 1814 accorde un pouvoir important au roi, personnalité « inviolable et sacrée »42. L’initiative des lois lui est réservée, mais celles-ci sont votées par le Parlement composé de deux chambres : la Chambre des pairs dont les membres sont nommés à vie par le roi et dont le nombre est illimité ; laChambre des députés lesquels sont élus pour cinq ans au suffrage censitaire. Les députés parviennent à obliger les ministres à venir justifier leur politique devant eux, et à répondre à leurs questions.

La Restauration, qui semble bien partie malgré quelques obstacles, est abrégée par le retour de Napoléon en mars 1815, qui oblige Louis XVIII à fuir à Gand. Napoléon reprend le pouvoir pour une période de cent jours qui va durer jusqu’à la défaite de Waterloo du 18 juin 1815, laquelle réinstalle Louis XVIII sur le trône.

Louis XVIII se voulant un roi conciliant, sa politique n’est pas du goût des « Ultras » qui exigent un châtiment contre ceux qui ont soutenu Napoléon pendant les Cent-Jours. Dans ce climat de vengeance, les élections d’août 1815 leur donnent la majorité, et paradoxalement, ce sont eux qui mettent en pratique la responsabilité politique des ministres devant la chambre, ce que la charte de 1814 ne prévoyait pas.

À la mort sans héritier de Louis XVIII en septembre 1824, son frère Charles X lui succède. Contrairement à son frère, ce dernier n’a pas compris que certains changements étaient irréversibles. Il se fait sacrer à Reims en 1825 dans la pure tradition capétienne, et tente de rétablir l’Ancien Régime en favorisant la noblesse et le catholicisme. Il fait voter une loi sur l’indemnisation des nobles qui avaient émigré pendant la Révolution et dont les propriétés avaient été vendues comme biens nationaux. Une autre loi, dite loi sur le sacrilège, punit de mort le vol des ciboires contenant des hosties consacrées ou la profanation de ces dernières. Il s’appuie sur les ultras, c’est-à-dire les députés partisans d’un retour à l’Ancien Régime. Mais sa politique réactionnaire se heurte à l’opposition déterminée de la bourgeoisie libérale. En 1830, le ministre Polignac publie quatre ordonnances réactionnaires. Elles prévoient le rétablissement de la censure pour la presse, la dissolution de la chambre, la modification du cens électoral pour réserver le droit de vote aux grands propriétaires fonciers, et la fixation de la date des nouvelles élections. La publication de ces ordonnances le 27 juillet 1830 provoque une révolution dite des Trois Glorieuses en juillet 1830.

Dans un Paris couvert de barricades, on crie vive la République ou vive l’Empereur. Mais dans les coulisses du pouvoir, des bourgeois modérés comme Adolphe Thiers ou Casimir Périer parviennent à imposer le duc d’Orléans comme nouveau souverain. La branche aînée de la famille royale, celle des Bourbons, est donc remplacée par la branche cadette, celle des Orléans. La bourgeoisie libérale a su utiliser la révolution populaire pour mettre sur le trône un roi conforme à ses intérêts. La révolution de Juillet ne constitue donc pas une rupture avec le régime précédent. Le principal changement est le fait que la souveraineté nationale remplace la souveraineté de droit divin. Ce changement se manifeste dans le titre donné au roi : Louis-Philippe devient roi des Français, c’est-à-dire qu’il détient son pouvoir de la volonté du peuple, alors que ses prédécesseurs portaient le titre de roi de France. La Chambre des pairs perd son influence. Le drapeau tricolore remplace définitivement le drapeau blanc.

Sous le règne de Louis-Philippe, la France commence à s’industrialiser et expérimente, dans le sillage de l’Angleterre, un boom ferroviaire des années 1840, qui stimule la production d’acier. Les grandes dynasties bourgeoises, liées aux banques ou aux grandes entreprises, se constituent et affirment leur volonté de dominer la vie politique. Le suffrage censitaire étant très restreint, elles sont les seules, avec l’aristocratie traditionnelle, à pouvoir voter et à avoir des élus à la Chambre des députés. Cela se traduit par l’apparition de deux partis politiques, les conservateurs, les représentants de la vieille noblesse, et les libéraux, les représentants du monde des affaires. Mais ces deux groupes s’entendent sur la conservation du régime tel qu’il est, puisqu’il sert leurs intérêts. Le roi se présente comme un bon père de famille bourgeois, mais en réalité, c’est un homme autoritaire et un habile manœuvrier. La faiblesse du corps électoral, l’autorité du roi, et la révélation d’une grande corruption au sein du gouvernement finissent par discréditer totalement le régime. De plus, à la suite de mauvaises récoltes, le pays connaît une crise économique profonde à partir de 1846. L’opposition républicaine en profite pour s’agiter à nouveau.

La Monarchie de Juillet correspond aux débuts de l’industrialisation de la France. Le développement des chemins de fer est spectaculaire. Le Premier ministre Guizot lance le credo d’une nouvelle société : « enrichissez-vous ! » La loi Guizot de 1833 oblige chaque commune à entretenir une école élémentaire. Cependant la révolution industrielle crée une nouvelle classe sociale, celle des ouvriers en proie à la misère. Les théories socialistes de Louis Blanc et de Proudhon cherchent à remédier aux injustices sociales dont le prolétariat est la victime.

La Monarchie de Juillet est aussi marquée par un nouvel essor de la colonisation française. L’incident diplomatique du coup d’éventail donné par le dey d’Alger au consul français en 1827 sert de raison à la conquête française de l’Algérie en juillet 1830. La colonisation s’étend progressivement à toute l’Afrique. En 1842 les généraux Binger, Crozat et Marchand se lancent à la conquête de la Côte d’Ivoire, mais doivent faire face à la résistance de Samory.

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